Depuis 2011, les chorégraphes Emily Gualtieri et David Albert-Toth créent des œuvres qui brouillent les frontières entre écriture et spontanéité, mêlant le personnel, le poétique et le politique. Inspiré·es par la littérature, la mythologie et la philosophie, ils explorent la tension plutôt que la résolution, valorisant la collision d’idées pour faire émerger des récits puissants sur la communauté, la solitude et la mémoire collective.
Leur collaboration repose sur la différence, le soin et une vision partagée. Emily a été formée à l’École nationale de ballet du Canada ; refusant de se plier aux normes excluantes de ce milieu, elle a poursuivi sa pratique, devenant chorégraphe, interprète et pédagogue. David, fils d’immigrants juifs d’Europe de l’Est, est passé par le hip-hop et la culture rave avant d’adopter la danse contemporaine. Ensemble, ils développent une signature chorégraphique ancrée dans la friction, le respect mutuel et l’urgence de confronter le monde tel qu’il est, à travers une vision à la fois décentralisée et complémentaire.
Portée par cinq interprètes fxmmes* dans une frontalité assumée, Labour célèbre la résistance collective.
Dans une partition indocile, crue et généreuse, la pièce s’attaque aux monopoles du pouvoir par le rythme, le groove, le style et la capacité à tenir ensemble. Entre humour décalé, endurance et vulnérabilité à fleur de peau, la chorégraphie met en lumière le travail invisible des femmes et célèbre ces forces radicales qui, dans l’ombre, bâtissent, transforment et réparent le monde. Sous des cadences instables et électrisantes, Labour transforme le corps en un véritable lieu de métamorphose.
*le terme fxmme est utilisé pour désigner toutes les femmes, que leur genre assigné à la naissance soit féminin ou non.