Le travail de Gaëlle Bourges témoigne d’une inclination prononcée pour les références à l’histoire de l’art, et d’un rapport critique à l’histoire des représentations : elle signe, entre autres, le triptyque Vider Vénus (2009-2013) (un rapprochement entre les nus féminins de la peinture occidentale et ceux des théâtres érotiques) ; À mon seul désir (2014), sur la figure de la virginité dans la tapisserie de « La Dame à la licorne » (Festival d’Avignon 2015) ; Lascaux (2015) , puis Revoir Lascaux (2016) (sa version tout public) sur la découverte de la grotte éponyme. Elle conçoit également des performances pour les musées. Gaëlle Bourges est par ailleurs diplômée de l’université Paris 8 – mention danse ; en « Éducation somatique par le mouvement » - École de Body-Mind Centering ; et intervient sur des questions théoriques en danse de façon ponctuelle. Elle a également suivi une formation en musique, commedia dell’arte, clown et art dramatique. Elle a fondé et animé plusieurs années une compagnie de comédie musicale pour et avec des enfants (le Théâtre du Snark) ; a travaillé en tant que régisseuse plateau à la BNF ou encore comme stripteaseuse dans un théâtre érotique.
Gaëlle Bourges est artiste associée au TPM (Centre dramatique national de Montreuil – direction Pauline Bayle) de 2026 à 2028.
Et si la tapisserie de Bayeux était au cœur d’une série à suspense digne de Game of Thrones ?
Avec ses 70 mètres de long, elle brode le récit de la conquête de la couronne d’Angleterre au XIe siècle par Guillaume Le Conquérant. Dans Guillaume & Harold, 2 corps, des accessoires en carton et en bois, un récit et une chanson suffisent à donner vie à une multitude de lieux et de personnages.
Avec un regard critique et un art certain du décalage, Gaëlle Bourges déploie cette confrontation très « masculine », dont les épisodes clés se savourent en clin d’œil à une histoire jamais véritablement achevée, puisque celle des femmes est encore à raconter…