Gurshad Shaheman a été formé à l’École Régionale d’Acteurs de Cannes et Marseille (ERACM). En tant qu’acteur, assistant à la mise en scène ou encore traducteur du persan, il a notamment collaboré avec Thierry Bédard, Reza Baraheni, Thomas Gonzalez ou Tatiana Julien. Depuis 2012, Gurshad écrit et interprète ses propres performances. Sa trilogie, Pourama Pourama, toujours en tournée, est publiée aux éditions Les Solitaires Intempestifs. En 2018, il crée au Festival d’Avignon, Il pourra toujours dire que c’est pour l’amour du prophète, spectacle écrit à partir de récits de réfugié·es LGBT issu·es du Moyen Orient. Artiste associé au théâtre Les Tanneurs à Bruxelles, Gurshad y crée en 2020 Silent Disco, projet citoyen mené avec des jeunes gens en rupture avec leurs familles. En 2021, il écrit et met en scène Les Forteresses, spectacle toujours en tournée. Le livre a obtenu en 2022 le Prix de la Librairie et le Prix Koltès du TNS en 2023. Gurshad a écrit Pour que les vents se lèvent - Une Orestie, créée en 2022 au TNBA à Bordeaux dans une mise en scène de Catherine Marnas et de Nuno Cardoso. Lauréat de l’appel à projet, Mondes Nouveaux, il crée en 2023 l’installation sonore, Jadis, lorsque mon cœur cassa, au Monastère Royal de Brou à Bourg-en-Bresse. Avec l’artiste québécois, Dany Boudreault, ils créent en 2024, Sur tes traces au Kunstenfestivaldesarts à Bruxelles.
À partir d’images d’archives, Gurshad Shaheman raconte l’histoire des cabarets qui faisaient la réputation sulfureuse des nuits de Téhéran avant la révolution de 1979.
Téhéran, 1924. Qamar ol-Moluk Vaziri entre en scène, tête nue et décolleté plongeant. Devant des salles masculines, la diva chante l’amour, le vin, les poètes. Rend public le désir des femmes. C’était avant la révolution. Avant que la nuit se taise… Un siècle plus tard, Gurshad Shaheman reprend cet héritage iconoclaste dans un cabaret qui ressuscite une douzaine de silhouettes de la pop iranienne. Un spectacle, vibrant et lumineux, où les numéros s’enchaînent, ponctués de brefs récits. Autant d’éclats de mémoire tenus dans le silence. De refrain en refrain, le jeune franco-iranien fait ressurgir l’Histoire, toujours sous contrainte : celle des nuits de Lalehzaar (le quartier des cabarets), comme celle des exils vers l’Europe, les États-Unis. De métamorphose en métamorphose, il réveille les luttes féministes et queer. Et au bout du voyage, une devise circule de bouche en bouche : « Femme, Vie, Liberté ».
Travaillée par collage à partir de paroles oubliées ou interdites, l’esthétique chatoyante de Gurshad Shaheman transforme le plateau en lieu d’hospitalité où l’intime percute le politique.